Pourquoi ce projet ?
À Notre Village, certaines personnes poly-handicapées vivent dans un cadre sécurisant mais avec des occasions de rencontres sociales parfois limitées. Les contraintes liées à la mobilité, la communication ou à l’environnement peuvent rendre l’ouverture vers l’extérieur plus difficile et le quotidien plus répétitif.
Le projet « L’art de la rencontre » est né de ce constat. Son objectif est de proposer des moments de relation adaptés au rythme des bénéficiaires les plus isolés, en leur offrant une présence extérieure, attentive et sensible.
Les clowns de soins interviennent en duo dans plusieurs hébergements. Ici, leur rôle n’est pas de faire rire, ni d’obtenir une réaction précise. Ils viennent avant tout à la rencontre de la personne, en s’appuyant sur le regard, la voix, le mouvement, le rythme, le silence ou encore les sensations.
Une approche centrée sur la présence
L’approche des clowns de soins invite à déplacer le regard. La communication n’est pas seulement une question de mots ou de réponses clairement formulées. Elle peut aussi se construire dans un sourire, une vocalise, un geste, une attention, un mouvement du corps ou un simple regard.
Cette manière d’entrer en relation demande du temps. Elle suppose d’observer, de proposer sans imposer, d’attendre, de s’ajuster. Pour certaines personnes accompagnées, cette disponibilité ouvre un espace où elles peuvent exprimer quelque chose d’elles-mêmes, à leur manière.
Les premiers retours montrent combien ces moments peuvent révéler des capacités relationnelles parfois peu visibles dans le quotidien. Une éducatrice résume cette approche en quelques mots : « Les clowns permettent de rentrer en contact différemment. »
« Les clowns créent un espace relationnel unique, adapté aux capacités de communication de chacun. Leur approche sensorielle et bienveillante suscite des réactions émotionnelles variées : rires, sourires, vocalises, gestes d’attention ou d’ouverture. »
Noémie De Petter, Responsable de la Houssière
Ce que les rencontres révèlent
Lors des interventions, les équipes ont observé plusieurs effets positifs chez les bénéficiaires. Les clowns créent un espace relationnel adapté aux capacités de communication de chacun et chacune. Leur approche, à la fois sensorielle et bienveillante, suscite des réactions parfois discrètes, mais significatives : rires, sourires, vocalises, gestes d’attention ou d’ouverture.
Ces moments favorisent le bien-être, l’éveil et l’expression des personnes accueillies. Ils rappellent que la relation peut se construire par de nombreux canaux : le regard, le son, le toucher, le geste ou le mouvement. Chaque bénéficiaire devient alors partenaire de rencontre, reconnu dans sa singularité et dans sa manière propre d’entrer en lien.
Pour les équipes qui encadrent, ces interventions apportent également un regard différent sur les bénéficiaires. Elles invitent à redécouvrir leurs capacités de communication et encouragent la créativité dans les pratiques d’accompagnement.
Un atelier pour transmettre des outils
Dans le cadre du projet, un atelier a également été proposé aux proches et aux équipes. Animé par Bart Walter, fondateur de Clowns de soins, il avait pour objectif de partager des outils concrets pour entrer en lien autrement.
Les personnes qui y ont participé se sont prêtées à plusieurs exercices autour du regard, du mouvement, de la voix, du rythme et de la présence.
Ces expériences ont mis en évidence une idée centrale : être en relation ne signifie pas toujours chercher une réponse immédiate. Parfois, il s’agit simplement d’être là, de laisser du temps et d’accueillir ce qui vient. Comme le résume une famille participante, « la vraie communication commence par se mettre dans un état de disponibilité ».
Une démarche qui se poursuit
« L’Art de la rencontre » ne se limite pas à quelques interventions ponctuelles. Le projet nourrit une réflexion plus large sur la qualité de vie, sur la participation sociale et sur la manière d’accompagner les personnes polyhandicapées au quotidien.
Une exposition issue des rencontres viendra prolonger cette démarche et ouvrir ce travail vers la communauté. Elle permettra de partager un autre regard sur le polyhandicap, en montrant la richesse des échanges possibles lorsque la relation se construit au rythme de la personne. Plus d’informations suivront en temps et en heure.
Ce projet est soutenu par le Fonds Andrelise de la Fondation Roi Baudouin, que Notre Village remercie pour son engagement en faveur de la qualité de vie des personnes adultes polyhandicapées.
« Les retours sont très positifs. Ce sont des moments privilégiés de contact et de rencontre pour les personnes isolées. »
Famille de bénéficiaire
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